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former les managers grâce au volley-ball

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En management, la théorie et la pratique sont confondues. La première explique la seconde et permet de la reproduire ailleurs, de l’optimiser… Il est difficile de dénicher la moindre ligne d’un ouvrage de management qui ne relaterait pas une réalité managériale survenue quelque part. Tous les évènements managériaux qu’une entreprise pourrait rencontrer au cours de sa vie ont sans doute déjà été décrits quelque part dans un livre, un article, un film… Si nous pouvions en avoir une conscience forte, la question ne serait donc pas de savoir quel évènement surviendra, mais quand ?

En ce sens, nous considérons le monde comme plus probabiliste qu’incertain. Le sport n’échappe pas à ce constat. Tout ce qui peut arriver sur un terrain de football, de tennis ou de volley-ball est déjà connu, même si certains gestes ne sont accessibles qu’a des sportifs exceptionnels, comme un but marqué en retourné à 2m40 du sol, un passing réalisé de dos entre les jambes ou l’attaque directe d’une balle défendue.

Pourquoi certains réussissent ce à quoi d’autres rêvent ? Tous les athlètes ont un même potentiel. Mais si certains laissent leurs ressources à ce stade de développement, d’autres les transforment en performance. C’est sur cette question de la performance que le management et le sport devraient se rencontrer.

Enjeu commun

Toutes les équipes sportives, commerciales, ou productives ont un potentiel. L’enjeu pour tout manager est le même : transformer le potentiel de son équipe en une performance collective durable. Le management est l’outil de valorisation qui permet de transformer durablement un potentiel individuel (coureur de 100m) ou collectif (équipe de volley-ball) en une performance. L’idée de la Learning expedition volley qu’a imaginée et créée Karim Benameur, ex-joueur et entraineur de volley-ball aujourd’hui enseignant à Grenoble École de Management, a été d’utiliser le terrain du volley-ball pour faire vivre et faire comprendre la mécanique de cette transformation.

Tout manager va chercher à transformer le potentiel de son équipe en une performance collective durable.
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L’idée est de partir d’une mise en situation expérientielle pour permettre à des managers d’entreprises de prendre conscience physiquement et émotionnellement, en jouant au volley, des concepts utiles à la valorisation d’un potentiel avant de le découvrir sur un tableau blanc le lendemain. Cette mise en situation amène les participants à :

  • Maîtriser les trois contextes du management :

  • Maîtriser les trois postures ;

  • Apprendre à naviguer d’une posture à l’autre en fonction du contexte.

Les trois contextes du management, Karim Benameur.

La métaphore sportive du parcours client

Le volley-ball, à bien des égards, peut être comparé à la complexité de l’entreprise. En fonction d’objectifs et de ce qu’ils captent de leur environnement, des acteurs (6 par équipes) vont construire, déconstruire et reconstruire instantanément leurs interactions afin de ne pas laisser une once de terrain libre à leurs concurrents. Ceux-ci étant guidées par la même intention, deux systémiques s’opposent en périmètre clos de 81 m2, réglé (arbitres), en crise de temps (actions de 1 à 4 secondes) et chargé d’aléas (pas d’anticipation possible des vitesse, force et trajectoire des balles).

Lors de l’expérience, les managers se retrouvent dans les conditions d’un enchaînement de tâches finalisées. Tout doit être fait pour qu’un ballon atteigne après un parcours une zone cible appelée « zone de satisfaction client ». Le rythme étant d’un ballon entrant dans le système toutes les deux secondes, les managers voient la question des conditions de travail s’ajouter à celle de la complexité. Chaque ballon symbolise un client ou usager capté par des équipes conquête client, réceptionner par un front office et traiter par un back-office. En parallèle, des contrôleurs de gestion comptent et analysent tout ce qui arrive. Tout client perdu, oublié, insatisfait… ou règle de jeu non respectée est comptabilisée pour un nourrir un débriefing in fine sans chiffre.

En volley-ball, on vise la zone du terrain. En entreprise, la zone de satisfaction client.
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L’expérience se déroule en trois sets. Au cours du deuxième set, des joueurs professionnels intègrent les équipes de managers. Cet événement met en évidence les questions liées à l’accueil, l’intégration, et l’accompagnement vers l’autonomie des nouveaux entrants.

Retour d’expérience

Les managers participants sont confrontés à de nombreuses autres questions : l’affectation des ressources est-elle optimale ? Quelle est la qualité des interactions ? Comment entretenir les valeurs immatérielles créées pendant l’expérience : complicité, confiance, autonomie, transversalité, compétences, etc. ? Partageons-nous un même sens commun ? Avons-nous pris conscience des différents niveaux d’engagement et de choisir le plus adapté à la performance visée ?

L’expérience dure deux jours. Une journée au cours de laquelle les scénarios évoluent pour faire vivre tous les concepts grâce une alternance de phases de jeu, de débriefing et d’apports. Une seconde journée pour prendre du recul, traduire et transférer les apports dans la réalité de chacun.

Selon les participants, les dimensions ludique, challengeante et organisationnelle de l’expérience facilitent la prise de conscience et l’appropriation des modèles managériaux d’efficacité et d’efficience. Cette expérience leur permet donc de lever des confusions, d’adopter les postures adéquates en fonction des contextes et ainsi d’amener plus de sérénité et de confiance dans leurs choix futurs.


Karim Benameur remercie Cecile Darmon, Agnes Angelier, Mathieu Heller, François Deroux, Fares Lemkecher et tous ceux qui ont su chacun apporter leur contribution à la réussite de cette Learning expedition qu’ont traversé aujourd’hui 250 managers.

Written by Isabelle Patroix, Docteur en littérature, Post Doc Serious Game et Innovation, Grenoble École de Management (GEM)

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